Transmettre l'amour du chant ? Cris, éloquence et complaintes dans une famille ordinaire de Mongolie rurale

Type de publication  Journal Article
Auteur(s)  Legrain, L.
Titre de la revue  Terrain
Volume  55
Année  2010
Pages  54-71
Résumé  

Les voyageurs, chroniqueurs et chercheurs ont souvent souligné le lien affectif qui attache les Mongols au chant. Faut-il voir dans cet amour pour le chant un trait culturel pérenne ? Si c’est le cas, quels sont les processus qui président à sa transmission ? Dans cet article, je montre que la redécouverte et la reconstruction à chaque génération d’un amour pour le chant s’ancre dans des séquences de la vie quotidienne dans lesquelles les adultes attirent l’attention des enfants sur les potentialités de la voix humaine. M’appuyant sur les travaux de James J. Gibson et de Tim Ingold, l’» éducation de l’attention » est au centre de mes préoccupations. Cette approche propose une alternative à l’habituelle dichotomie existante entre éducation et appropriation. Elle me permet également de mettre l’accent sur les liens qui unissent le chant et une tonalité affective très présente dans les bassins ruraux de Mongolie.

Travelers, authors and scholars have often noted Mongolians’ love of singing. Is this an enduring cultural feature? If this is the case, how is it passed on from generation to generation?. In this paper I show how the rediscovery and reconstruction of the love of song by each new generation is anchored in sequences of daily life in which adults draw the attention of children to the potential of the human voice. I base my analysis on the work of James J. Gibson and Tim Ingold on the education of attention. Such an approach avoids the common opposition between education and imitation. It enables me to show the link that exists between song and the emotional coloring so characteristic of rural Mongolia.